Articles de presse

Et si c'était Marcel Pagnol qui avait écrit Huis clos ?

Nul doute que cela ressemblerait fort à cette truculente Rencontre avec mon beau-frère, de Gilles Ascaride, le frère d'Ariane - mais surtout auteur de pièces et de nombreux romans !

Courez donc vite découvrir celle-ci, pleine de ce bon accent du midi que les acteurs, dans cet ultime exercice de "tu me fends le coeur", excelleront à faire partager au plus nordiste des spectateurs


Jean-Yves Bertrand - revue-spectacle.com - 28 juillet 2006

Difficile d'adopter sa belle-famille. Demandez à Lucien et à Rosette. L'un reproche la méchanceté de l'autre, l'autre l'infidélité de l'un. Pas évident de se cotoyer avec tout ça, surtout lorsqu'un jour ils se retrouvent face à face dans un lieu et un temps indéterminés... sans pouvoir prendre la fuite.

L'énigme. La pièce s'ouvre sur un décor aseptisé et minimal. La lumière feutrée laisse à peine entrevoir le visage d'une femme. Et nous suivons cette femme justement dans ses interrogations : "Où suis-je ?"... Tout nus reste inconnu, même lorsqu'un deuxième personnage surgit, car lui ne peut rien dévoiler.

Révélation. La vérité arrive avec la lumière... Les deux personnages peuvent se voir, et se détestent alors. Ils se connaissent, sont de la même famille. Se dressent désormais de véritables accusatoires l'un contre l'autre. Rien n'échappe : défauts, infidélités, perfidies, insultes... Mais entre dénis et cris, le mystère leur reste entier, où sont-ils ?

A souligner, l'interprétation "à point" des acteurs. Jouant des caractères détestables, ils ne tombent pas dans la caricature. Le ton est juste, ce qu'il faut pour nous identifier à eux. Nous sommes ni meilleurs, ni pires. De quoi nous faire réfléchir à nos propres relations ici-bas.

Le texte de Gilles Ascaride, publié aux Editions de l'Amandier, est une satire de nos comportements les plus médiocres s'inscrivant dans un questionnement existentiel.

... Une médecine à consommer et à prescrire au plus grand nombre.


Odete Pires - E-gazette du spectacle.com - 15 juillet 2006

Magnan : rencontre avec "Le Millénaire"

"Rencontre avec mon beau-frère" ouvre la saison théâtrale.
Une femme âgée meurt. Un défunt se doit de la réceptionner au pays des morts. Imaginez un décor minimaliste, un no man's land. Bref, une énigme pour les spectateurs, sauf à comprendre bientôt qu'il s'agit du beau-frère et de la belle-soeur qui ne renoncent pas à étaler leurs querelles dont les causes sont inextricables. Défauts, infidélités, perfidies, insultes repartent de plus belle, leur invétérée détestation réciproque ne connaît pas de trêve : un huis clos sans "huis clos" ? La pièce sartrienne se passe elle aussi dans un enfer !
La question reste en suspens : où se passe cet "affrontement", sans parodier la pièce récente à succès du même titre ? Le ton est juste, loin de la caricature. On s'y reconnaît parfois dans ce texte de G. Ascaridé publié aux éditions de l'Amandier et choisi par la compagnie du Millénaire : une satire des comportements médiocres. Serait-ce un antidote à nos déboires et à nos débords ?


René Haugade - Le patriote - 08 octobre 2006

Comment traiter de la mort, cette récurrente obsession théâtrale, de façon jubilatoire ? C'est pourtant ce que parvient à faire le texte de Gilles Ascaride, judicieusement servi par les comédiens du théâtre du Millénaire.

Dès le départ, la rencontre inopinée d'une vieille femme avec un homme intrigant, chargé de l'accueillir dans un lieu qu'elle ne connaît pas, annonce la comédie.
L'endroit est désolé, sombre et glacial et la vieille femme complètement désorientée. S'interrogeant sur le pourquoi de sa présence, elle va peu à peu, guidée par son "ange" gardien, découvrir la vérité dans sa terrible crudité : morte, définitivement trépassée, notre pauvre héroïne est en réalité passée de l'autre côté du miroir, et ce monde-là s'avère singulièrement étrange.
D'autant que son drôle d'hôte n'est autre que son propre beau-frère, qu'elle a toujours détesté dans la vraie vie, et avec lequel elle va donc renouer avec tout le cortège de griefs qu'elle lui a jadis adressés. La pièce se construit ainsi sur une énorme querelle, aux effets tragi-comiques et à la verve toute marseillaise.
Dans une mise en scène remarquablement sobre et juste de Jean-Marc De Cesare, sans ostentation, ni surjeu, la comédienne Claire Deffilippi parvient à nous tenir en haleine une heure durant, maniant les mots comme des pétards, dans un feu d'artifice jouissif et parfaitement jubilatoire. On rit beaucoup dans ce théâtre-là, même si l'émotion n'est jamais loin. Un rythme enlevé et un découpage parfait qui nous entraînent dans ce tourbillon verbal, maelström infernal où la querelle est portée au rang d'un des beaux-arts.
Tout va donc y passer : on s'envoie à la figure les mesquineries de la vie familiale, les coucheries des uns ou des autres, on s'entredéchire à pleines dents ; tout ça dans un grand éclat de rire qui finit par nous faire oublier que le sujet n'est pas si anodin que cela, et que l'exercice pourtant rabattu de la querelle au théâtre est un art difficile. Il faut pour le réussir des comédiens puissants et un texte qui n'en rajoute pas. Il faut également une mise en scène millimétrée, et sans doute le dépouillement et l'exigence de celle de De Cesare y est-elle pour beaucoup dans la maîtrise de ce dialogue improbable. La comédie est une affaire délicate, et trop souvent cela tourne à l'embourbement ou au ridicule Ici, au contraire, on se sent joyeux et heureux, peut-être parce qu'on reconnaît si bien certains travers ou excès. Un beau moment de théâtre généreux et bien vivant, et une superbe performance d'acteur.


Marc Roudier - Art Sud - 4e trimestre 2006

"Rencontre avec mon beau-frère" par la Troupe du Millénaire jusqu'au 15 octobre.

Sur un texte de Gilles Ascaride et une mise en scène de Jean-Marc De Cesare, la troupe du Millénaire présente la pièce "Rencontre avec mon beau-frère" avec Claire Deffilippi et Gilles Ascaride.
Le texte de Gilles Ascaride, publié aux Editions de l'Amandier, est une satire de nos comportements les plus médiocres s'inscrivant dans un questionnement existentiel...
Une médecine à consommer et à prescrire au plus grand nombre.


R.A. - Nice-Matin - 10 octobre 2006

Avignon 2006 : les spectacles que nous avons aimés

Rencontre avec mon beau-frère
Les acteurs jouent de leur accent méridional en s'en donnant à coeur joie avec cette comédie sur la mort, parfois un peu facilement crue, mais bien construite.  Mention spéciale au décor de René Bonnal et aux lumières de Jean-Marc De Cesare qui réussissent à rendre toute l'étrangeté de ce lieu de "passage".


Sophie Balazard - Revue Atelier Théâtre - Automne 2006

Vous ne connaissez pas Gilles Ascaride ?
C'est normal c'est un improbable écrivain marseillais (1) qui se commet régulièrement du moment que l'encre n'est pas chère et qu'il trouve des imbéciles comme ceux de Rouge Midi qui sous prétexte que c'est un lecteur fidèle et presque sympathique du site, non seulement achètent régulièrement ses livres (avant parution c'est plus sûr !) mais qui en plus en redemandent...
Et voilà que maintenant il se met à faire le pitre sur les planches !
On craint le pire surtout vu au résumé de l'histoire.
Pour tout vous dire la photo du spectacle "avecque moi beau" a été choisie par lui.
Evidemment si vous avez choisi de commencer l'année 2007 dans la morosité vous n'êtes pas obligé de venir...

(1)  Amours modernes
Sur tes ruines, j'irai dansant
Les Cheyennes
Attention centre-ville : fantaisie satiridéconnante en XII chants
L'Excessive enquête aixoise
Je n'écrirai pas de roman
... et Rencontre avec mon beau-frère


Charles Hoareau - http ://www.rougemidi.org/ - 3 Janvier 2007

Coup de coeur pour un Têtard

Joli coup réalisé par le théâtre du Têtard, à la rue Ferrari. En accueillant "Rencontre avec mon beau-frère", la pièce de Gilles Ascaride (le frère de la comédienne Ariane Ascaride et du dramaturge Pierre Ascaride), c'est un pur régal que propose le Têtard. Interprétée par Gilles Ascaride lui-même et Claire Deffilippi, mise en scène par Jean-Marc De Cesare, la pièce raconte les retrouvailles houleuses d'une femme et d'un homme qui furent belle-soeur et beau-frère de leur vivant, et ce au moment du passage de vie à trépas...
Pas morose pour autant, "Rencontre avec mon beau-frère" est un réjouissant conte  sur l'existence sous forme de dialogue, ponctué de morceaux de bravoure utilisant sans en abuser la légèreté des expressions marseillaises et entonnant quelques airs populaires bien sentis comme le célébrissime Bali-Balo...


Patrick Coulomb - MarseillePlus - 15 Janvier 2007

La mort leur va si bien

 Ils attendent la lumière. Elle est fraîchement morte, si l'on ose dire. Lui, son passeur, qui l'accueille dans cet entre-deux. Au début, Rosette et Lucien ne se reconnaissent pas. Lui dans une semi-pénombre rassurante, tente de faire comprendre à son hôte qu'elle a cassé sa pipe, là-bas. Il lui lance des perches énormes, propices à quelques tricotages de langages savoureux. Rosette finit par comprendre et, l'instant qui suit, meurt une nouvelle fois en découvrant que son passeur est en fait son beau-frère, mort quelques années avant elle. Or, et c'est là leur drame, ces deux-là ne pouvaient pas s'encadrer. Et le trépas ne les a pas calmés. Ils remettent ça avec férocité. Dans la chaleur du petit théâtre du Têtard, la mort est truculente et Gilles Ascaride et Claire Deffilippi s'en donnent à coeur joie. Le premier, qui a écrit cette Rencontre avec mon beau-frère, semble plutôt à l'aise dans la peau du comédien qu'il n'était plus depuis longtemps. La seconde est parfaite en vieille marseillaise rancunière, quoique leur jeu, par moments, aurait sans doute mérité plus de retenue. Le texte, subtil équilibre entre méchanceté crasse et humour noir, est un condensé de la bêtise humaine en même temps qu'une joyeuse illustration de la capacité à pardonner de ces êtres qui pensent.

 


Rémi LEROUX - Marseille L'Hebdo - 15 Janvier 2007

Comment rire d'un moment souvent triste ?
Elle vient de mourir et se retrouve sur le banc très froid d'un lieu inconnu.
Un homme l'accueille dans cet endroit mystérieux (éclairé d'une belle manière par le metteur en scène).
Lui est arrivé ici depuis un certain temps et il fait là son premier accueil.
Elle, Rosette essaye d'en savoir davantage mais il ne faut pas brûler les étapes.
Une pièce à l'accent marseillais où les expressions du coin foisonnent, ajouté à cela deux comédiens fantastiques et vous êtes partis pour  1H20 palpitantes.
Finalement, non seulement vous aurez ri mais vous repartirez avec une belle leçon de morale.
http://vivantmag.over-blog.com/


Josselin ROULET - Vivantmag - 16 juillet 2008

L'immanquable
On l'aime fort, Gilles Ascaride. Pour ses romans ("Sur tes ruines j'irai dansant", "Retrouver Petofi") ou pour ses pièces de théâtre, dont l'une est jouée au Capitole (15h30) jusqu'au 2 août. Mise en scène par Jean-Marc De Cesare, "Rencontre avec mon beau-frère", met aux prises Rosette (Claire Deffilippi) et Lucien (Gilles Ascaride lui-même). En résulte un mano à mano plein de faconde, à la vie à la mort, et ce n'est pas peu dire... Comme toujours chez l'auteur, l'écriture est ciselée pour conter la haine pérennisée. Des mots féroces sous lesquels perce peut-être la tendresse, qui sait. A ne rater sous aucun prétexte.


Fabien BONNIEUX - La Provence / Avignon Grand-Avignon - 25 juillet 2008

Pour lire l'article complet, copier-coller :

http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article5043


Serge SCOTTO - lemague.net - 18/07/2008


Théâtre du Millénaire - 30, bd Nungesser - 13014 Marseille
04 91 02 90 56 - troupe.millenaire@9business.fr